L i f e i s b e a u t i f u l

L i f e i s b e a u t i f u l
ce dont on manque

"Ce qu'on a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l'amour." Platon


ce dont on manque
ce dont on manque

ce dont on manque

mardi 19 janvier 2016

C'était...






"Etre loin d'ailleurs, c'est être ici."
Philippe Geluck









Voilà, nous allons bientôt nous séparer...
Tu étais une maison de mon enfance, celle de mes grands-parents.
Tiens ? Je n'avais jamais remarqué que vous habitiez au 13 de la rue !
13, ça c'est un chiffre qui porte chance ! Avez-vous eu de la chance ?
C'est peut-être ce chiffre qui vous a fait vivre jusqu'à 94 ans et 100 ans... va savoir ?
Bref, c'était la maison de Papé et de Mamé.

Qu'est-ce que j'ai pu vous entendre vous disputer quand j'étais tout petit...
Je m'amusais parfois dans la rue, et vous, la fenêtre grande ouverte,...
mais qu'est-ce que vous pouviez vous engueuler !
Bon, c'était Mamé qui avait toujours le dernier mot,
mais quand même... Et quand c'était pas le boucan de la télé, le son à fond !!!
Toute la rue profitait des infos de midi. Quel boucan !

Cette porte d'entrée, je ne compte plus les fois où je l'ai ouverte, fermé, 
ouverte, fermé, ouverte,... Il fallait la pousser d'un coup d'épaule 
ou alors lui filer un bon coup de latte sur le bas, à gauche,
un bon coup de pied pour qu'elle veuille bien s'ouvrir en faisant un bruit,
une sorte de couinement comme si elle rouspétait... un peu comme Mamé...










Et une fois cette porte ouverte, il y avait moyen d'aller dans le garage,
(le magasin comme on dit par chez nous) et ça, c'était aussi la classe...
On pouvait faire aussi l'inverse, aller du garage (du magasin comme on dit... bref)
vers le couloir d'entrée... mais en fait cette porte, personne ne l'empruntait,
ou alors très rarement ! Pourquoi avoir mis cette porte là alors ? J'en sais rien.
Oui, évidemment, pour éviter d'être trempé quand il faisait de la pluie,
mais nous, je pense que nous préférions être bien trempés par une bonne averse...
une bonne douche froide avant d'aller se faire jeter par Mamé ! 
Mamé ? Elle était petite, et même plus petite que moi quand j'étais petit,
alors c'est pour dire comment elle était petite ma grand-mère !
Assise dans une voiture on ne la voyait plus derrière le tableau de bord !!!

Ensuite, j'ai dit se faire jeter... non mais elle était exigeante et puis voilà.
Elle avait connu les grands plateaux de la Lozère, là où il n'y a rien qui pousse
même pas des arbres... Alors, c'est peut-être pour ça que, comme la porte d'entrée,
elle râlait souvent. Tiens, c'est bizarre, j'avais jamais fait le rapprochement !
Non mais Mamé (je t'ai pas oublié Papé, c'est pour après)
elle m'invitait parfois tout seul à manger et là, je vous dis pas,
c'était pour moi le nirvana du palais buccal !!!
Elle faisait des petits beignets de poulet, des croquettes comme elle disait,
et c'était... aïeaïeaïe... un bonheur de saveur. Elle ajoutait avec ces beignets
un bon et copieux gratin de macaronis bien épais, bien gros, 
avec plein de fromage dessus et du lait qui avait cuit entre les macaronis...
Rien que d'y penser, j'ai les papilles gustatives qui me font mal ! 
Et pour finir, elle faisait des îles flottantes. Je ne ferais aucun commentaire
car les îles flottantes c'est le dessert qui devrait être servi internationalement !!!
Et puis à côté de ça, Mamé, je ne me souviens même pas si elle mangeait à côté de moi ?
Elle allait, venait, le dos courbé en faisant traîner ses pieds...
Elle ne me parlait pas beaucoup. C'était sa cuisine qui parlait pour elle.
Ceci dit, elle ne me parlait pas beaucoup... mais c'était une vraie pipelette !
Je devais l'intimider. Peut-être ma taille ?
Enfin, j'étais heureux quoi... 














Là, ici, c'est le magasin (comme on dit chez nous mais je l'ai déjà dit).
J'ai encore dans le nez son odeur bien particulière faite d'humidité, de terre, de bois,
de produits qui servaient à mon père pour traiter les vignes.
Il y avait les voitures qui y étaient garées mais surtout les véhicules de travail.
Papé, non, je ne t'ai pas oublié ! J'ai connu plein de camionnettes, un Citroën
appelé camion tube à cause de sa carrosserie tubulaire. Puis aussi une Estafette Renault,
bleue comme celles des flics ! Et à la fin une sorte de Kangoo qui n'était pas du tout poétique ! Il y a eu aussi un tracteur Massey-Ferguson tout rouge...

Le camion tube, c'était mon préféré. Il sentait mauvais : des odeurs de fuel, de soufre, de terre...
Je me souviens qu'une fois sur la route, alors que j'étais avec un copain assis à côté de moi,
j'ai voulu faire, je sais pas pourquoi, comme dans les westerns,
vous savez quand ils sautent d'une calèche sur l'autre.
Mon père conduisait et nous rentrions au village et là, tout à coup,
je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai ouvert la porte, genre je prends l'air...
Mais j'avais oublié un truc, et pas des moindres... Cette porte s'ouvrait 
dans l'autre sens !
En gros, elle s'ouvrait face à la route, la poignée étant vers le tableau de bord.
L'air, comme il est con lui aussi, s'est engouffré dans le camion,
et en même temps a plaqué la porte contre la carrosserie.
Et moi ? Hé bien j'ai été aspiré, éjecté tel un vulgaire pantin de bois,
vers l'extérieur pour atterrir dans le fossé au bord de la route !
Heureusement, par chez nous, les fossés sont bien fournis en herbe épaisse
et j'ai même pas eu mal !!! C'est pas beau ça ? 
Et mon copain descendu du véhicule qui me dit "T'inquiète, je viendrais te voir à l'hôpital".
Et non, tu n'y viendras pas !!! Mon père ? je ne me souviens plus ce qu'il m'a dit !
Enfin en tous cas, il s'est arrêté puisque je suis là pour vous raconter mon exploit !

Mais pour en revenir au magasin (au garage comme on dit partout ailleurs)
je me souviens des hirondelles qui venaient nicher tous les printemps.
Elles entraient dans le garage en sifflant avec ce chant bien particulier
qui annonce la chaleur, la fin de la pluie et de l'hiver...
Elles faisaient leur nid contre une poutre au plafond
et ensuite, comme nous avec la porte de Mamé et Papé,
allaient, venaient, allaient... Un beau souvenir.
Ce que j'adorais, c'était le piaillement des nouveaux-nés, des oisillons quoi,
mais on me disait qu'il ne fallait pas les regarder...
alors je les regardais... et c'était magique pour moi.
Je me sentais privilégié d'avoir chez moi une partie de la nature vivante
qui s'invitait pour faire sa vie, tranquille...

Ensuite, pour en revenir au garage-magasin,
j'ai toujours connu ces murs plein de sable qui faisaient mine de s'effondrer.
Ce sont des murs poètes qui travaillent leur esthétique en permanence !
Il y a tant à dire sur cet univers et ce... magasin...


















Ça ? C'est la chaise de mon père. Son histoire ? Trop longue...
Elle se trouvait dans la salle à manger chez moi, et puis,
a fini son chemin là, au coin d'un mur du garage, près de l'établi ! 

















Ici, c'est l'atelier de mon père.
Oh, il n'a jamais été un grand bricoleur mais il y passait du temps,
prétexte je pense pour écouter de la musique avec son poste de radio.
Ce poste de radio, qui n'avait plus peur de rien vu son état, était accroché
à un clou au-dessus de l'établi. Il pouvait même fonctionner quand il n'était plus là !
Il oubliait peut-être de l'éteindre ou je ne sais quoi.

Cet anneau sur le mur, c'est un vestige que ma soeur a découvert il y a peu de temps.
En fait, bien avant d'avoir un tracteur, mon père avait un cheval qui s'appelait Bijou !
Bijou était logé ailleurs mais j'imagine que dans cette maison de village,
mon grand-père avait eu aussi en son temps un cheval... qu'il attachait là ?
En fait j'ai dit bonjour et au revoir à cet anneau en même temps
car je ne l'avais jamais vu auparavant ! 

Mon père et mon grand-père, papa et Papé... une longue histoire...
Comme avec Mamé, ils se disputaient la plupart du temps.
C'était jamais des disputes bien graves mais plutôt une sorte de malentendu
qui ne se réglait jamais avec le temps. Une façon de communiquer ?
Papé parlait très peu voire presque pas ou alors par onomatopées genre :
"fffuuuit fffuuuit" pour m'appeler, siffler, pour m'appeler aussi.
Il parlait peu. Si, il disait parfois, lorsqu'il était vraiment en colère,
dans son patois languedocien : "Cèl" (à prononcer chèl) ce qui veut dire Ciel
ou bien "Noun dé noun dé noun dé noun dé..." qui pouvait être très long vu sa colère.
Je traduis pas ou alors pour les puristes "Nom de nom de..."
Une fois, mon grand-père se trouvait devant la sortie du garage (prononcer magasin)
et mon père qui manoeuvrait avec son camion pour sortir en marche arrière
a bien failli l'écraser, ne l'ayant pas vu dans son rétroviseur !
La dispute de malade qu'il y a eu par la suite !!! Bref, Papé, il parlait pas beaucoup
mais il incitait à la conversation ! 
Papé jean... Il n'a jamais connu son père et sa mère est morte à sa naissance.
Ça peut laisser sans voix...








Ce sont les machines à soufrer (et non à souffrir bien qu'on en bavait un max avec ce maudit soufre
qui s'infiltrait partout et surtout dans les narines... même à travers le masque !) 
dont mon père s'est jamais servi ou alors pas à mon souvenir.
Il en avait d'autres plus récentes (je m'en souviens ou plutôt mon nez s'en souvient)
que j'avais utilisé bien des fois avec lui, au petit matin, chacun dans une rangée de vigne,
pulvérisant le fameux soufre sur les feuilles et sur nos têtes par la même occasion.
J'en pleure encore mais là ce n'est pas le soufre...













Derrière cette maison, il y avait un jardin (qui est toujours là d'ailleurs).
A l'époque, Papé y faisait des légumes (asperges, asperges... et je crois asperges ?).
Il y avait aussi un amandier et un abricotier qui produisait des abricots 
comme il en existe plus aujourd'hui ou alors dans des films à grands budgets !
Un véritable délice ces abricots, bien juteux... mmm...
et puis un jour l'arbre a crevé ! Plus d'abricots !
Je me souviens aussi de ce petit abri qu'il y a avait au fond du jardin.
Plus qu'un abri je crois que c'était aussi pour se débarrasser du trop plein d'abricots,
enfin bref, vous avez compris quoi ! Un "cagatou" comme on dit en languedocien.
Et puis, je vois ce "cagatou" se déplacer (pas que je rêve) car mon grand-père
l'a posé ailleurs, à droite en rentrant dans le jardin quand on vient du garage...
Je sais, ça peut paraître compliqué dit comme ça mais moi je me souviens !








Là, c'est mon école maternelle... Et dire qu'elle est encore là !
Non, pas ma maîtresse quand même, Madame Léa, mais les murs !
C'est devenu un foyer pour personnes âgées... Comme quoi...











Et je reviens devant cette maison qui va devenir abonnée aux "C'était" !
Il s'en passe des choses dans une vie, des bonnes et des moins bonnes.
J'ai pris le parti de ne conserver que les bonnes choses...
sans oublier quand même de penser aux moins bonnes...

C'est bizarre quand on dit avoir des racines.
Une maison, c'est pas des racines puisque là il n'y a plus personne à l'intérieur.
Les souvenirs, les gens qu'on a aimé, les moments partagés ensembles 
sont peut-être ces racines qui nous attachent à un lieu bien précis sur la terre...
Mais je dis ça, je me rassure en fait ! Mes racines sont bien là,
devant cette porte de garage (ou de magasin), lieu où ont habités mes grands-parents,
où je me suis amusé avec mes petits copains à faire du vélo, 
à jouer à cache-cache avec des copines, à m'isoler au fond du magasin
pour réfléchir, penser, pleurer, rire, créer les souvenirs d'aujourd'hui...

J'étais parti pour en écrire des kilomètres,
mais voilà, lorsqu'on se souvient, on ne s'en rend pas compte,
mais le passé prend beaucoup de place dans ce qui fait ce que nous sommes...
et je n'ai pas assez de place ici pour écrire tous ces souvenirs.
Ils resteront à jamais mes racines... profondes...








"Adieu ! Tu n'étais qu'une maison,
mais aussi un édifice de ma vie."
Jeff

mercredi 4 novembre 2015

Paradise






"Notre voie ressemble à ce qui se passe quand on reste dans le noir. 
Ceux qui sont à la lumière n'y voient rien dans le noir, 
tandis que ceux qui sont dans le noir voient tout à la lumière."
Wenshi
































Les femmes et les hommes sont des hypocrites. 
Ils n'osent pas se l'avouer mais ils défient en permanence
Les lois de l'univers et leurs croyances intimes.
Tant de beauté naturelle offerte, à nos yeux,
Est détruite, broyée, pulvérisée à notre regard.
Les arbres sont décolorés, décimés, tranchés,
Par cette pollution qu'on appelle pouvoir, égoïsme, individualisme,
Défi à une mort certaine pour penser gagner une vie éternelle.
Cette pollution se glisse lentement à la surface du sol,
Tel un serpent perfide cherchant à hypnotiser sa proie :
La Vie 







Cette vision, loin d'être stupide, me fait peur !


















Je suis parti loin de la mer, à l'intérieur des terres
Pour essayer d'échapper à cette menace certaine ;
Le rivage semblait devenir flou, soumis à cette haine
Que diffuse l'être humain pour détruire l'autre,
Sa soeur ou son frère voire même son propre domicile :
La terre


















Ce sont les dernières heures de la journée
Ou peut-être, pire, celles du genre humain.
Le soleil éclaire encore les feuilles des écritures,
Alors que d'autres dirons qu'il s'agit de feuilles,
Sans pouvoir lire le message qui est écrit dessus :
Disparaître











La vie, la terre vont-elles peut-être disparaître ?


















Cette hypocrisie n'arrive pas cependant à atteindre l'arbre de vie.
Cet arbre n'existe nulle part, pure invention, futile,
Mais il est pour moi cette utopie sous laquelle je m'abrite :
La vie doit être inutile pour que j'existe...







La couleur n'est qu'une illusion de la rétine.
La lumière utilise les émotions de la nature
Pour qu'elles chuchotent à nos oreilles les secrets de l'univers...




























Pouvoir, égoïsme, individualisme,
Pour atteindre cette illusion d'optique
Que chacun tient en ligne de mire :
Moi seul peut atteindre l'éternité.
Les femmes et les hommes sont manipulés
Par cette idée que la vie ne s'arrête jamais.
Pourquoi chercher alors à détruire,
Faire disparaître cet univers fragile ?

La vérité ne sera visible
Dès lors que la vie sera terminée.

Il ne s'agit pourtant que de l'automne
Ou d'une poésie idiote sur l'avenir de l'Homme.
Prendre conscience que la terre et le ciel
Sont notre lieu de vie et notre domicile
Doit pouvoir nous mobiliser pour dire 
A celles et ceux qui cherchent à tuer
La vie :
Le pouvoir ne mène a rien, est inutile.
Un coucher de soleil
Est bien plus puissant que tous les trésors
Faits d'or, de cuivre ou même d'argent.







"La haine trouble la vie ;
l'amour la rend harmonieuse.
La haine obscurcit la vie ;
l'amour la rend lumineuse."
Martin Luther King

dimanche 30 août 2015

Je regarde, je dévoile...






"Sur le chemin de la vie,
avant de se remémorer où on est,
se souvenir tout d'abord d'où on vient."
Bibi















































Dans la mise au point sur moi-même,
Et dans le flou artistique de la vie,
À fleur de peau je dévoile,
À fleur de terre je regarde...







































Et toi, d'où viens-tu ?







"Être libre,
c'est se posséder soi-même."
Henri lacordaire