
"Il n'y a pas de fin, il n'y a pas de début,
juste un amour infini de la vie"
Frederico Fellini


Tout commence dans cette nature,
dans cette garrigue, par un arbre,
coupé, déchiré, tranché,
flottant au-dessus des parfums de thyms,
de lavandes, de romarins...



Tronc béant, bouche ouverte,
jetant peut-être un dernier cri,
ou, tout simplement, glissant,
vers l'infini renouvellement
de la terre, d'une autre terre,
pour un nouveau pin...


Dans le mélange des corps ,
écorces et bois s'enfonçant dans le sol,
un éternel recommencement ;
Un arbre se plie, un autre prend naissance...


Une page d'histoire, naturelle, s'écrit,
à chaque instant, à tout moment,
langage d'un autre pays auquel j'appartiens...



Point de fin ou de commencement,
juste une question de temps,
de respiration, battement de coeur
qui ne jamais s'arrête...


C'est peut-être ça notre histoire...

Ô lumineux matin
Ô lumineux matin, jeunesse des journées,
Matin d'or, bourdonnant et vif comme un frelon,
Qui piques chaudement la nature, étonnée
De te revoir après un temps de nuit si long ;
Matin, fête de l'herbe et des bonnes rosées,
Rire du vent agile, oeil du jour curieux,
Qui regardes les fleurs, par la nuit reposées,
Dans les buissons luisants s'ouvrir comme des yeux ;
Heure de bel espoir qui s'ébat dans l'air vierge
Emmêlant les vapeurs, les souffles, les rayons,
Où les coteaux herbeux, d'où l'aube blanche émerge,
Sous les trèfles touffus font chanter leurs grillons ;
Belle heure, où tout mouillé d'avoir bu l'eau vivante,
Le frissonnant soleil que la mer a baigné
Éveille brusquement dans les branches mouvantes
Le piaillement joyeux des oiseaux matiniers,
Instant salubre et clair, ô fraîche renaissance,
Gai divertissement des guêpes sur le thym,
- Tu écartes la mort, les ombres, le silence,
L'orage, la fatigue et la peur, cher matin...
Anna de Noailles

Apprendre chaque jour à respirer,
pour un éternel recommencement...

"La vie ne se compte pas
en respirations,
mais par les moments
qui t’ont coupé le souffle."
André Malraux
