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ce dont on manque
"Ce qu'on a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l'amour." Platon
ce dont on manque
ce dont on manque
ce dont on manque
Ciel, entre mer et terre...
"Sous les vagues, la mer est dressée,
on dirait qu'elle est au ciel, qu'elle touche et arrose les nuages qui couvrent tout."
Ovide
Au début...
La main tendue vers cette vague,
Mes doigts essaient d'attraper l'eau ;
Mais sur ma peau, caresse, glisse,
Au creux des galets se faufile,
Ecume d'éclats de rires pétille,
Telle une jeune femme vive
S'en retournant se cacher à nouveau !
Je lève les yeux au ciel !
Ensuite...
Comment puis-je te garder
Avec moi, te tenir par la main,
Toi, si futile, t'amusant à nouveau
A chaque fois que tu approches,
Me laissant un regard, ton sourire,
Et t'en retournant courir malice
De désir me défier à nouveau ?
Amusé, je lève encore les yeux au ciel !
... et ensuite...
Tu ne peux pas t'essouffler
A ce jeu, établissant les règles
Comme tu veux, comme il te semble ;
Je n'ai plus qu'à attendre, espérer
Venant vers moi à nouveau,
Me laissant sur mes doigts, mon corps,
Ton parfum s'évaporer sur ma peau...
Du ciel je baisse les yeux !
Enfin !
Cette fois tu as laissé quelque chose,
Sous la forme d'un objet, d'un galet...
Que dire ? Peut-être un coeur brisé,
Mais c'est moi qui en fait cette idée ;
Garder de toi, intime, un secret,
Qu'avec moi je pourrais emporter
Pour ne point jamais t'oublier !
"L'amour est une mer
dont la femme est la rive."
Victor Hugo
Mer, entre ciel et terre...
"Ah ! Il y a tant de choses entre le ciel et la terre
que les poètes sont seuls à avoir rêvées." Friedrich Nietzsche
Un homme dressé au milieu des vagues
Contemple l'intérieur de son âme ;
A la fois pensif, agité, admiratif,
Devant ces couleurs de l'originalité,
Levant les yeux vers le bleu du ciel,
Et regardant la roche rouge sang ;
Peu de choses essentielles en ce moment !
L'éternité tient peut-être à ça ;
Laisser son âme flotter entre ciel et terre,
Vivre l'instant présent comme infini
Et se dire ; Après tout, la vie est là !
Ecouter le doux bruit des vagues,
Se bercer de couleurs ciel et terre,
Se laisser remplir de tous les murmures
Glissées, offerts par toute la nature.
L'homme et la mer
Homme libre, toujours tu chériras la mer !
La mer est ton miroir ; tu contemples ton âme
Dans le déroulement infini de sa lame,
Et ton esprit n'est pas un gouffre moins amer.
Tu te plais à plonger au sein de ton image ;
Tu l'embrasses des yeux et des bras, et ton coeur
Se distrait quelquefois de sa propre rumeur
Au bruit de cette plainte indomptable et sauvage.
Vous êtes tous les deux ténébreux et discrets :
Homme, nul n'a sondé le fond de tes abîmes ;
O mer, nul ne connaît tes richesses intimes,
Tant vous êtes jaloux de garder vos secrets !
Et cependant voilà des siècles innombrables
Que vous vous combattez sans pitié ni remords,
Tellement vous aimez le carnage et la mort,
O lutteurs éternels, ô frères implacables !
Charles Baudelaire - Les fleurs du mal
"Il ne faut pas avoir peur des vagues
qui agitent votre âme.
C'est ça, la vie."
Hwang Sok-Yong
Demain, plage !
Alors... à demain...:)
Ma langue mareternelle
De la mer comme territoire,
Ile entre eau et sable,
Presque île méditerranée ;
Mon âme est à toi,
Ma mer, c'est toi,
Sel de vie, vide de toi ;
Je suis île,
Et toi ma terre.
"L'éternité, c'est la mer mêlée au soleil."
Arthur Rimbaud
L'éternité
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.
Ame sentinelle,
Murmurons l’aveu
De la nuit si nulle
Et du jour en feu.
Des humains suffrages,
Des communs élans
Là tu te dégages
Et voles selon.
Puisque de vous seules,
Braises de satin,
Le Devoir s’exhale
Sans qu’on dise : enfin.
Là pas d’espérance,
Nul orietur.
Science avec patience,
Le supplice est sûr.
Elle est retrouvée.
Quoi ? - L’Eternité.
C’est la mer allée
Avec le soleil.
Arthur Rimbaud - Derniers vers
"La voix de la mer parle à l'âme.
Le contact de la mer est sensuel,
et enlace le corps dans une douce
et secrète étreinte."
Kate Chopin
Addiction naturelle ( encore )...
Eviter l'agitation, la torpeur, la dissimulation,
Passer chaque jour comme si c'était le dernier...
Essayer de goûter, savourer tous les petits moments simples qu'offre la vie...
Peut-être, tenter rester humble et se faire tout petit.
Elévation
Au-dessus des étangs, au-dessus des vallées,
Des montagnes, des bois, des nuages, des mers,
Par delà le soleil, par delà les éthers,
Par delà les confins des sphères étoilées,
Mon esprit, tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement l’immensité profonde
Avec une indicible et mâle volupté.
Envole-toi bien loin de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit les espaces limpides.
Derrière les ennuis et les vastes chagrins
Qui chargent de leur poids l’existence brumeuse,
Heureux celui qui peut d’une aile vigoureuse
S’élancer vers les champs lumineux et sereins ;
Celui dont les pensées, comme des alouettes,
Vers les cieux le matin prennent un libre essor,
- Qui plane sur la vie, et comprend sans effort
Le langage des fleurs et des choses muettes !
Charles Baudelaire - Les fleurs du mal
"Les humbles travaux quotidiens,
la simplicité de la vie,
les modestes joies qu'on se tisse
dans la couleur du temps qui passe,
tout cela ressemble étrangement au bonheur."
Eve Belisle
Addiction naturelle
"La nature est belle quand elle a l'aspect de l'art,
et l'art ne peut être appelé beau que si nous avons conscience que c'est de l'art
et s'il offre cependant l'apparence de la nature".Kant
"Je vous tiens toute vive entre mes bras, Nature,
Ah ! faut-il que mes yeux s'emplissent d'ombre un jour
Et que j'aille au pays sans vent et sans verdure Que ne visitent pas la lumière et l'amour..."
Anna de Noailles
Nature, laisse-moi...
Nature, laisse-moi me mêler à ta fange,
M'enfoncer dans la terre où la racine mange,
Où la sève montante est pareille à mon sang.
Je suis comme ton monde où fauche le croissant
Et sous le baiser dru du soleil qui ruisselle,
J'ai le frisson luisant de ton herbe nouvelle.
Tes oiseaux sont éclos dans le nid de mon coeur,
J'ai dans la chair le goût précis de ta saveur,
Je marche à ton pas rond qui tourne dans la sphère,
Je suis lourde de glèbe, et la branche légère
Me prête sur l'azur son geste aérien.
Mon flanc s'appesantit de germes sur le tien.
Oh ! laisse que tes fleurs s'élevant des ravines
Attachent à mon sein leurs lèvres enfantines
Pour prendre part au lait de mes fils nourrissons ;
D'avoir sucé la vie à ma veine profonde.
Personne ne saura comme un fils né de moi
M'aura donné le sens de la terre et des bois,
Comment ce fruit de chair qui s'enfle de ma sève
Met en moi la lueur d'une aube qui se lève
Avec tous ses émois de rosée et d'oiseaux,
Avec l'étonnement des bourgeons, les réseaux
Qui percent sur la feuille ainsi qu'un doux squelette,
La corolle qui lisse au jour sa collerette,
Et la gousse laineuse où le grain ramassé
Ressemble à l'embryon dans la nuit caressé.
Enfant, abeille humaine au creux de l'alvéole,
Papillon au maillot de chrysalide molle,
Astre neuf incrusté sur un mortel azur !
Je suis comme le Dieu au geste bref et dur
Qui pour le premier jour façonna les étoiles
Et leur donna l'éclair et l'ardeur de ses moelles.
Je porte dans mon sein un monde en mouvement
Dont ma force a couvé les jeunes pépiements,
Qui sentira la mer battre dans ses artères,
Qui lèvera son front dans les ombres sévères
Et qui, fait du limon du jour et de la nuit, Valsera dans l'éther comme un astre réduit.
Cécile Sauvage
"Je sais que la poésie
est indispensable,
mais je ne sais pas à quoi."
Jean Cocteau
Des jours, des mois, des années sont passées
Et ma branche porte sans fléchir ce soleil
Qui apparaît tous les jours, à la même heure...
C'est mon secret, ma joie, ma destinée !
De terre, d'air, de soleil, je suis olivier.
"Chacun porte son bonheur en soi."
Witold Gombrowicz
"Le bonheur est une petite chose que l'on grignote,
assis par terre, au soleil."
Jean Giraudoux
Cette après-midi,
Le ciel était bleu.
Plongé dans les herbes sauvages,
Le bleu du ciel plein les yeux,
Mes pensées s'envolent, s'évaporent,
Se diluent dans l'air bleu ;
Allongé, du vent plein les cheveux,
Jouant à cache-cache avec le soleil,
Je m'endors, bercé par la lumière,
Me laissant flotter sur les vagues,
L'eau, le ciel et l'espace.
Sensation
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,Par la nature, heureux comme avec une femme.
Arthur Rimbaud
"L'âme a la couleur du regard.
L'âme bleue seule
porte en elle du rêve,
elle a pris son azur
aux flots et à l'espace."
Guy de Maupassant