


Le vent souffle, comme mistral ;
Je laisse mon âme s'envoler,
Telle une plume d'oiseau, libre,
Dans ce ciel bleu, azur et soleil
Où se balancent des songes et mes rêves...
Matins d'avril
Matins d'avril ! Ciels bleus, fleurs ! réveils triomphants !
Parmi le clair-obscur des volets clos, où rôde
L'or du soleil vibrant dans l'ombre déjà chaude,
Nous bondissions pieds nus hors de nos lits d'enfants.
Et, frileux, nous courions pousser une persienne
Où soudain entraient l'aube et la brise et l'azur ;
Des glycines pendaient mauves le long du mur,
Les gonds rouillés criaient sur la ferrure ancienne...
blouis, le front tiède et la tête sonore,
Nous écoutions monter la rumeur de l'aurore
Vaguement, des lointains de la brume vermeille,
Chocs du marteau, cris du clairon, chanson du nid,
Bruit solennel et doux du monde qui s'éveille...
Et devant nous s'ouvrait un espoir infini.
Fernand Gregh

"L'âme a la couleur du regard.
L'âme bleue seule porte en elle du rêve,
elle a pris son azur aux flots et à l'espace."
Guy de Maupassant
