L i f e i s b e a u t i f u l

L i f e i s b e a u t i f u l
ce dont on manque

"Ce qu'on a pas, ce qu'on n'est pas, ce dont on manque, voilà les objets du désir et de l'amour." Platon


ce dont on manque
ce dont on manque

ce dont on manque

samedi 8 octobre 2011

Octobre rouge !

Octobre rouge !




"Toute œuvre d’art est une possibilité de métamorphose,
offerte à tous les hommes."
Octavio Paz



 







Mon âme pure s'envole,
Dans une fuite en avant,
Vers les mois d'automne,
Le froid, l'hiver, poussée par le vent ;

De cocon à chrysalide,
Elle deviendra papillon,
Deviendra oeuvre d'art,
Rouge d'octobre et d'automne















Fuite d'automne

Sors de ta chrysalide, ô mon âme, voici
L'Automne. Un long baiser du soleil a roussi
Les étangs ; les lointains sont vermeils de feuillage,
Le flexible arc-en-ciel a retenu l'orage
Sur sa voûte où se fond la clarté d'un vitrail ;
La brume des terrains rôde autour du bétail
Et parfois le soleil que le brouillard efface
Est rond comme la lune aux marges de l'espace.
Mon âme, sors de l'ombre épaisse de ta chair
C'est le temps dans les prés où le silence est clair,
Où le vent, suspendant son aile de froidure,
Berce dans les rameaux un rêve d'aventure
Et fait choir en jouant avec ses doigts bourrus
La feuille jaune autour des peupliers pointus.
La libellule vole avec un cri d'automne
Dans ses réseaux cassants ; la brebis monotone
A l'enrouement fêlé des branches dans la voix ;
La lumière en faisceaux bruine sur les bois.
Mon âme en robe d'or faite de feuilles mortes
Se donne au tourbillon que la rafale apporte
Et chavire au soleil sur la pointe du pied
Plus vive qu'en avril le sauvage églantier ;
Cependant que de loin elle voit sur la porte,
Écoutant jusqu'au seuil rouler des feuilles mortes,
Mon pauvre corps courbé dans son châle d'hiver.
Et mon âme se sent étrangère à ma chair.
Pourtant, docilement, lorsque les vitres closes
Refléteront au soir la fleur des lampes roses,
Elle regagnera le masque familier,
Et, servante modeste avec un tablier,
Elle trottinera dans les chambres amères
En retenant des mains le sanglot des chimères.

Cécile Sauvage















J'ai aperçu un chat qui rôde
Comme une âme en peine,
Pelage tigré, rouge félin ;
Aurait-il dévoré mon âme ?







Je m'envole dans les arbres fruitiers...









Je l'entends qui miaule...







"Au fond, c’est ça la solitude ;
s’envelopper dans le cocon de son âme,
se faire chrysalide,
et attendre la métamorphose,
car elle arrive toujours."
August Strindberg

à suivre...

dimanche 2 octobre 2011

Soupçon d'incertitude

Soupçon d'incertitude




"Le rêve est le phénomène que nous n’observons que pendant son absence.
Le verbe rêver n’a presque pas de présent.
Je rêve, tu rêves."
Paul Valéry













Je ne suis pas certain de me souvenir ;
Mon âme flotte sur un champ de maïs,
À travers ses feuilles se faufile,
Et puis je vois un ciel bleu !







À nouveau cette prairie vert pâle,
Et les herbes comme balanciers ;
Combien de temps à songer ?











Je me revois marcher dans la colline,
Puis m’en aller dans la forêt.







Un parfum de terre humide, verte,
Quelques feuilles décolorées, jaune ;
Suis-je déjà éveillé ou encore en été ?



















A des âmes envolées

Ces âmes que tu rappelles,
Mon cœur, ne reviennent pas.
Pourquoi donc s’obstinent-elles,
Hélas ! à rester là-bas ?

Dans les sphères éclatantes,
Dans l’azur et les rayons,
Sont-elles donc plus contentes
Qu’avec nous qui les aimions ?

Nous avions sous les tonnelles
Une maison près Saint-Leu.
Comme les fleurs étaient belles !
Comme le ciel était bleu !

Parmi les feuilles tombées,
Nous courions au bois vermeil ;
Nous cherchions des scarabées
Sur les vieux murs au soleil ;

On riait de ce bon rire
Qu’Eden jadis entendit,
Ayant toujours à se dire
Ce qu’on s’était déjà dit ;

Je contais la Mère l’Oie ;
On était heureux, Dieu sait !
Pour un oiseau qui passait.

Victor Hugo






Je me laisse aller à ce rêve,
Bien que je soupçonne l'incertitude ;
Je suis enfin rentré chez moi...
La maison où mon âme s'est posée !























Je ne suis pas certain de me souvenir ;
Mon âme flotte près d'un tronc ensanglanté,
À travers son écorce se faufile,
Et puis je vois un lit de fleurs colorées !









L'été est bien fini.
A présent, je continue de rêver ;
Il est temps de me lever et de partir...







"Quand on aime la vie, on aime le passé,
parce que c’est le présent
tel qu’il a survécu dans la mémoire humaine."
Marguerite Yourcenar

samedi 24 septembre 2011

Variations sur thème d'automne

Variations sur thème d'automne



"La plupart des gens passent leur vie en cherchant toujours quelque chose d’autre,
ils traversent l’existence persuadés que leur objectif est fort lointain
alors qu’autour d’eux se trouve tout ce dont-ils ont besoin pour atteindre leur but."
Fun-Chang















Chemins qui ne mènent nulle part

Chemins qui ne mènent nulle part
entre deux prés,
que l’on dirait avec art
de leur but détournés,

chemins qui souvent n’ont
devant eux rien d’autre en face
que le pur espace
et la saison.

Rainer Maria Rilke



















Plus près ou plus loin,
Flou ou clarté,
Coloré ou estompé,
Plus je connais et moins je sais
Quel chemin dois-je emprunter
Pour partir d'un point A
Ou aller vers un point B,
Et l'automne me dit d'avancer ;
Je n'avais pas vu qu'autour de moi,
Tout est à imaginer
Tout reste à créer







"N’allez pas là où le chemin peut mener.
Allez là où il n’y a pas de chemin
et laissez une trace."
Ralph Waldo Emerson